2. Investigation

Les enregistreurs de vol ou "Boîtes noires"

Parfois connus sous l'appellation de "boîtes noires", les enregistreurs de vol sont des équipements de sécurité obligatoires sur les avions de transport.

Compte tenu de complexité des aéronefs et de l'extraordinaire diversité des situations qui peuvent être rencontrées en exploitation, ils constituent un outil privilégié pour la détermination et l'explication des circonstances et des causes d'un accident ou d'un incident d'aviation civile.

D'autres sources de données sont également exploitées. Il s'agit d'une part des informations que certains équipements embarqués peuvent garder en mémoire, d'autre part de l'enregistrement des radars ou des télécommunications du contrôle aérien. Ce seront souvent les seules sources disponibles lorsque l'événement concerne un hélicoptère ou un avion léger.

Au BEA, la lecture et l'exploitation du contenu des enregistreurs sont effectuées par les enquêteurs spécialisés du département technique.

Le département technique participe aux activités conduites au plan international (OACI, EUROCAE, JAA) pour établir la réglementation et les spécifications techniques applicables aux moyens de demain, enregistreurs vidéo ou enregistreurs data-link par exemple.

Les enregistreurs réglementaires

CVR et FDR - description

Il y a actuellement deux types d'enregistreurs réglementaires :

Le CVR (Cockpit Voice Recorder – enregistreur phonique) enregistre en boucle, sur trente ou cent vingt minutes, l'environnement acoustique du poste de pilotage (les échanges entre les pilotes ou avec les contrôleurs, les bruits ou les alarmes sonores).

Le FDR (Flight Data Recorder – enregistreur de paramètres) enregistre en boucle et sur vingt-cinq heures les valeurs de certains paramètres significatifs (vitesse, altitude, fonctionnement des moteurs, pilote automatique, position des gouvernes, des commandes de vol…). Selon l'âge et le type de l'aéronef le nombre de paramètres enregistrés chaque seconde varie de cinq à plus de mille.

Les « boîtes noires » sont conçues pour que leur contenu résiste à de fortes contraintes : une accélération supérieure à 3 400 g, une température de 1 100 °C pendant une heure, un mois d'immersion à six mille mètres de profondeur, etc. Et pourtant, elles arrivent parfois au BEA dans un état de destruction spectaculaire...

Aujourd'hui, selon leur génération, les enregistreurs utilisent deux types de supports : la bande magnétique et la mémoire électronique. Une petite balise à déclenchement automatique permet souvent de les retrouver lorsque l'épave est au fond de l'eau.


CVR à bande magnétique trente minutes (en dessous sans son capot de protection)

Comment récupère-t-on les données ?

Que fait-on de l'information enregistrée ?