| Incident survenu le 25 mai 2001 à Cayenne à l'Airbus A340 immatriculé F-GLZC exploité par Air France |
| rapport f-zc010525 |
Dans le cadre de l'enquête conduite par le Bureau de Sécurité des Transports (BST) canadien sur l'accident survenu à Toronto le 2 août 2005, l'attention du BEA et du BST s'est portée sur une famille d'accidents et d'incidents survenus ces dernières années, qui se caractérisent par des atterrissages ou des tentatives d'atterrissage en conditions orageuses.
L'analyse de l'ensemble de ces faits montre la diversité des situations et la complexité des stratégies à adopter face à ces phénomènes météorologiques convectifs (orages), qui associent souvent une visibilité dégradée, des cisaillements de vent[1] près du sol et la présence d'une quantité importante d'eau sur la piste. La rapidité et l'amplitude des changements des conditions extérieures peuvent rendre l'atterrissage très difficile et dans certains cas impossible.
Il a donc été convenu que le BEA compléterait et publierait son rapport sur l'incident survenu à Cayenne le 25 mai 2001 à un A 340 d'Air France.
En approche finale ILS en piste 08 de l'aérodrome de Cayenne-Rochambeau, l'avion a rencontré un cisaillement de vent modéré, associé à un grain, et, à une hauteur d'environ trente mètres, s'est enfoncé brutalement. Le copilote, aux commandes, a réagi en tirant sur le manche puis a réduit la poussée pour atterrir. Le commandant de bord a augmenté la poussée et repris les commandes. L'avion a d'abord touché sur le train gauche trente mètres avant le seuil de piste, puis il a rebondi et a atterri environ cinq cents mètres plus loin.
Au cours de l'approche, l'équipage n'avait pas identifié le risque de rencontre d'un cisaillement de vent et aucune information ne lui avait été transmise sur ce point. A proximité du sol, son attention, concentrée à l'extérieur de l'avion, a été perturbée par la dégradation de la visibilité due à l'averse et il n'a pas détecté les variations rapides de la vitesse annonçant l'enfoncement de l'avion.
L'absence de consignes précises données aux équipages de transport public pour la réalisation d'approches en conditions orageuses et les limites des capacités du système d'auto-poussée à maintenir la vitesse de l'avion dans les conditions rencontrées ont été des facteurs contributifs.
Le rapport contient six recommandations de sécurité qui visent à améliorer l'information fournie aux équipages sur les cisaillements de vent, et à renforcer leur entraînement et les outils dont ils disposent pour faire face à ce type de situation.
[1] Cisaillement de vent : changement brusque d'intensité et/ou de direction du vent sur de faibles distances horizontales et/ou verticales.